C’est ce mercredi 13 mai 2026 que l’IEEFA (Institute for Energy Economics and Financial Analysis), organisme indépendant spécialisé dans l’analyse des marchés de l’énergie et des infrastructures énergétiques, a publié une nouvelle étude concernant la dépendance croissante de l’Europe au GNL américain.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Europe tente de réduire sa dépendance au gaz russe en multipliant les importations de GNL. Mais selon cette nouvelle analyse, cette stratégie pourrait surtout avoir déplacé la dépendance… vers les États-Unis.

Une dépendance américaine de plus en plus forte

Selon l’étude, les importations européennes de GNL en provenance des États-Unis sont passées de 29,8 milliards de m³ en 2021 à 99,5 milliards de m³ en 2025.

Les États-Unis représentent désormais près de 58 % des importations de GNL de l’Union Européenne et déjà environ 63 % sur le premier trimestre 2026.

L’IEEFA estime même que cette part pourrait atteindre jusqu’à 80 % d’ici 2028.

« Le GNL est devenu le talon d’Achille »

« Le GNL est devenu le talon d’Achille de la stratégie européenne de sécurité énergétique ».

Dans son analyse publiée le 13 mai 2026, Ana Maria Jaller-Makarewicz, analyste énergie chez IEEFA, souligne ainsi les limites de la stratégie énergétique européenne mise en place après le début du conflit russo-ukrainien.

L’objectif initial de l’Europe était pourtant de réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.

Mais selon l’IEEFA, cette stratégie a surtout déplacé la dépendance vers le GNL américain, tout en maintenant des importations de GNL russe encore importantes, notamment en France, Espagne et Belgique.

Le risque de surcapacité des infrastructures GNL

Autre point important soulevé par l’étude : malgré une prévision de baisse de la consommation européenne de gaz de 14 % entre 2025 et 2030, l’Europe continue de développer de nouveaux terminaux méthaniers et infrastructures GNL

Le principal risque désormais évoqué par plusieurs analystes est celui d’infrastructures coûteuses et potentiellement sous-utilisées dans les prochaines années, alors même que la transition énergétique européenne vise une réduction progressive de la consommation de gaz naturel.

Cette problématique devient particulièrement importante alors que plusieurs pays européens continuent d’investir massivement dans des terminaux méthaniers malgré des perspectives de baisse progressive de la demande de gaz naturel.

Le marché européen du gaz reste donc fortement dépendant des tensions géopolitiques mondiales, avec une volatilité qui pourrait continuer d’impacter durablement les prix de l’énergie dans les prochaines années.

Un sujet déjà évoqué sur Agence 203 en 2025

Dès le 30 octobre 2025, nous évoquions déjà sur Agence 203 le risque de surcapacité du GNL en Europe et le développement massif des infrastructures méthanières :

L’Europe confrontée au risque de surcapacité du GNL

Sources

Analyse IEEFA publiée le 13/05/2026 :

Europe to source two-thirds of its LNG imports from US in 2026 as dependence deepens

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