Nucléaire : la France n’est plus le 2ᵉ parc nucléaire mondial

C’est ce samedi 1ᵉʳ août 2026 que la Chine a raccordé au réseau électrique son réacteur Changjiang 3, sur l’île de Hainan. Une mise en service technique, presque anodine en apparence, mais qui a suffi à faire basculer un classement que la France occupait depuis des décennies : celui du deuxième parc nucléaire mondial.

Tours de refroidissement d'une centrale nucléaire la nuit

Photo de Nicolas Hippert

Un basculement acté depuis début août

Avec ce nouveau réacteur, la Chine exploite désormais 62 réacteurs nucléaires pour une puissance installée totale de 63 985 mégawatts (MW), soit environ 64 gigawatts (GW). Un total qui dépasse pour la première fois celui de la France, dont le parc de 57 réacteurs culmine à 63 GW. Les États-Unis restent, eux, largement en tête avec 94 réacteurs pour 97 GW.

Changjiang 3 n’est pas arrivé seul : quatre réacteurs chinois ont été raccordés au réseau depuis le début de l’année 2026 (Taipingling 1 en février, San’ao 1 en mars, Taipingling 2 en juillet, puis Changjiang 3 début août). Tous partagent la même technologie : le « Hualong One » (aussi appelé HPR1000), un réacteur de troisième génération conçu et fabriqué en Chine, d’une puissance unitaire d’environ 1 100 MW chacun.

Un basculement plus ancien en réalité, côté production

Si le nombre de réacteurs et la puissance installée viennent tout juste de basculer, la Chine produit en réalité plus d’électricité nucléaire que la France depuis 2021 déjà. En 2025, ses centrales ont généré 481,2 TWh (térawattheures), contre 373 TWh pour le parc français, soit près de 30 % de plus.

Cet écart s’explique en grande partie par le rythme de construction : la Chine met en service des réacteurs neufs presque en continu depuis quinze ans, ce qui lui donne un parc globalement plus jeune et disponible, quand la France gère un parc plus ancien, davantage soumis à des arrêts pour maintenance et visites décennales.

Deux pays, deux mix électriques très différents

Le nombre de réacteurs ne dit toutefois pas tout, et c’est sans doute le point le plus important à retenir : le nucléaire pèse 68,1 % du mix électrique français, contre environ 5 % seulement en Chine, où le charbon reste de très loin la première source d’électricité.

Autrement dit, la Chine a beau posséder aujourd’hui plus de réacteurs que la France, son électricité reste très majoritairement carbonée. La France, elle, continue de produire une électricité parmi les moins émettrices de CO₂ au monde.

Et la suite ?

Pékin ne compte pas s’arrêter là : 37 réacteurs supplémentaires sont actuellement en construction en Chine, pour une capacité additionnelle de près de 38,6 GW, avec un objectif affiché de 110 GW de puissance nucléaire installée à l’horizon 2030 — près du double du parc français actuel.

À retenir

Le mix électrique français reste très largement décarboné et peu exposé aux combustibles fossiles : un atout réel, à la fois sur le coût à long terme (le nucléaire échappe en grande partie à la volatilité des prix du gaz et du charbon) et sur le bilan carbone. Le changement de classement mondial est un symbole fort côté chinois, mais il ne change rien, à court terme, à la structure du mix énergétique français.

Sources : World Nuclear News, NucNet, Connaissance des Énergies, World Nuclear Association / IAEA (Power Reactor Information System).

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